Mon travail auprès des adultes s'appuie sur deux approches complémentaires — l'une centrée sur le récit et le sens, l'autre sur la mémoire corporelle et neuro-émotionnelle — que j'articule en fonction de votre histoire et de vos besoins.
Les pratiques narratives sont nées en Australie, des travaux de Michael White et David Epston (1990). Elles s'inscrivent dans l'approche systémique, dans laquelle la problématique est comprise par les relations que la personne entretient avec les différents systèmes dans lesquels iel évolue — sa famille, son milieu professionnel et social, ainsi que la société dans laquelle iel vit.
En prenant appui sur les travaux de philosophes tels que Deleuze, Derrida, Foucault et Ricœur, les pratiques narratives considèrent que tout individu organise son vécu sous forme d'histoires. S'inspirant de Paul Ricœur, pour qui le récit est ce qui transforme le temps vécu, chaotique, en une expérience intelligible et porteuse de sens, ce sont ces histoires qui donnent sens à l'expérience.
L'approche narrative, issue du constructionnisme social, nous embarque à bord d'histoires relationnelles et identitaires vers des destinations d'autres possibles. En reconsidérant et en s'éloignant des récits qui étouffent, elle vise à apprivoiser et amplifier ces autres récits, souvent mis en sourdine, qui honorent les préférences de vie de la personne.
Il s'agit de rouvrir la possibilité d'être l'auteur·rice et l'acteur·rice de sa propre histoire.
Crettanand, C., Soulignac, R., Grégoire, A., Colussi, G., & Epston, D. (2021). La thérapie narrative : Cultiver les récits pour dignifier l’existence. Chronique sociale.
Ricoeur, P. (1990). Sixième étude—Le soi et l’identité narrative. In Soi-même comme un autre (Seuil, p. 167‑198).
Vérilhac, C. (2022). La petite bibliothèque de l’approche narrative : Sources, racines et ressources pour l’accompagnement. InterÉditions.
White, M., & Epston, D. (1990). Narrative means to therapeutic ends. Norton.
L'ICV, ou Lifespan Integration, est une approche psycho-corporelle apparue au début des années 2000, née du constat clinique suivant : les personnes ayant vécu un traumatisme savent, intellectuellement, que l'événement appartient au passé, mais ne le ressentent pas toujours comme vrai dans leur corps. Cette méthode a été conçue pour faire vivre concrètement, dans le corps, cette réalité du temps écoulé.
En pratique, cette technique s'appuie sur une « ligne du temps » : à chaque répétition, la personne explore son histoire sous un angle différent, ce qui permet à de nouvelles sensations corporelles d'émerger et modifie progressivement ses perspectives. Cette méthode, inspirée en partie de l'EMDR, se distingue par sa douceur : elle vise à traiter les traumatismes, y compris les plus lourds, sans re-traumatiser la personne. Elle s'avère particulièrement pertinente pour les blessures d'attachement, les carences précoces ou préverbales, et les traumatismes anciens profondément enkystés.
Miljkovitch, R. (2001). L’ attachement au cours de la vie : Modèles internes opérants et narratifs (1. éd). Presses Univ. de France.
Smith, J. (2021). Psychothérapie de la dissociation et du trauma (2e éd). Dunod.
Smith, J., & Pace, P. (2024). Applications cliniques de l’ICV. Dunod.
Stern, D. N. (2003). Le monde interpersonnel du nourrisson. Presses Universitaires de France.
Thorpe, C. (2016). Les stratégies thérapeutiques de l’ICV. Dunod.